Le Nigeria a lancé la phase commerciale du Distributed Renewable Energy Fund (DREF), un mécanisme de 300 millions de dollars soit environ 261,9 millions d’euros destiné à accélérer l’accès à l’électricité hors réseau en finançant le déploiement de solutions d’énergies renouvelables distribuées. C’est la Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA), l’autorité nigériane chargée des investissements souverains, qui a annoncé le lundi 21 septembre, le passage du fonds de sa phase de structuration à celle du déploiement des capitaux. Le dispositif doit mobiliser des ressources publiques et privées pour développer l’électricité hors réseau, et contribuer à l’objectif de connecter environ 300 millions de personnes à l’électricité en Afrique d’ici 2030. Il faut savoir que la Banque mondiale, partenaire fondateur du fonds, a engagé un premier financement de 25 millions USD via l’Association internationale de développement (IDA). Le DREF entre ainsi dans sa phase opérationnelle alors que le Nigeria cherche à développer des solutions capables de répondre aux besoins des populations et des entreprises insuffisamment desservies par le réseau national. Le solaire s’installe dans les zones peu desservies Le système électrique nigérian dispose d’environ 13 000 MW de capacité installée, mais sa production effective se situe entre 3 500 et 5 000 MW. Cette situation limite l’approvisionnement disponible et favorise le recours aux groupes électrogènes fonctionnant au diesel ou à l’essence. Le pays possède pourtant un important potentiel renouvelable encore sous-exploité, évalué à près de 300 GW pour le solaire et à environ 27 GW pour l’hydroélectricité. La demande progresse également sur le segment hors-réseau, qui retient l’attention du mécanisme. En Afrique de l’Ouest, 1,45 million de kits solaires ont été vendus en 2025, soit 26 % de plus qu’en 2024, selon l’Association mondiale de l’industrie de l’énergie solaire hors réseau (GOGLA). Au Nigeria, les ventes ont augmenté de 33%, après un recul de même ampleur l’année précédente. Cette reprise a notamment été soutenue par le programme DARES, financé par la Banque mondiale, après les difficultés rencontrées en 2024 dans un contexte de forte inflation, de dépréciation de la monnaie et d’accès contraint aux devises. Ces chiffres témoignent de l’élargissement de la demande pour les solutions solaires hors réseau dans la fédération. Les investissements structurent un nouveau marché électrique Cette demande s’est aussi accompagnée d’une progression des installations. Le Nigeria a ajouté 803 MW de capacités solaires en 2025, soit 141% de plus qu’un an auparavant, selon le Global Solar Council. Près de 96 % de la capacité solaire du pays relève désormais de solutions décentralisées, notamment les mini-réseaux, les unités solaires domestiques et les installations sur toiture. Les pouvoirs publics cherchent parallèlement à attirer davantage de capitaux privés. En mars 2026, l’Agence d’électrification rurale (REA) avait fixé un objectif de 1,1 milliard de dollars d’investissements privés dans le solaire. L’initiative, initialement dotée de 750 millions de dollars, prévoit notamment le déploiement de 1 350 mini-réseaux à travers le pays. 250 doivent être connectés au réseau national, tandis que les autres doivent directement alimenter des communautés hors réseau. Le DREF s’inscrit dans cette évolution en associant des capitaux publics et privés au financement de projets d’énergies renouvelables distribuées. Son lancement commercial permet désormais d’engager les ressources prévues pour les investissements ciblés. Cette transformation reste cependant cantonnée à un système électrique où le gaz naturel domine encore largement la production. Il représentait 77,2% de l’électricité produite en 2023, contre 22,2% pour l’hydroélectricité et 0,5% pour le solaire photovoltaïque. Le développement des solutions décentralisées ajoute donc une nouvelle composante à l’offre électrique nigériane, avec des infrastructures pouvant être déployées au plus près des ménages, des entreprises et des communautés hors réseau.
Source : La Tribune

