La moitié des 300 millions de personnes ciblées d’ici 2030 devrait être desservie via des solutions d’énergie renouvelable décentralisées.
En Afrique, la « Mission 300 », menée conjointement par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) pour améliorer l’accès à l’électricité, a obtenu un soutien cumulé de 100 millions de dollars (environ 86 millions d'euros) de la Fondation Rockefeller et de la Global Energy Alliance for People and Planet (GEAPP).
Cette enveloppe, annoncée lors du Powering Africa Summit organisé à Washington les 19 et 20 mars, est dix fois supérieure au premier engagement pris par les deux institutions en septembre 2024, en faveur de cette initiative.
Officiellement lancé en avril 2024, ce programme a pour objectif de fournir l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique d’ici 2030, avec une priorité donnée aux zones rurales et aux territoires mal desservis.
D’après un communiqué de la Fondation Rockefeller, ces financements doivent notamment appuyer l’assistance technique à plusieurs Unités nationales chargées de la mise en œuvre et du suivi des Pactes énergétiques, soutenir en fonds propres des programmes d’énergies renouvelables décentralisées et contribuer à améliorer l’environnement d’investissement dans le secteur.
En outre, une partie de ces financements sera consacrée au renforcement des solutions de cuisson propre en Afrique subsaharienne, où 70% des ménages dépendent encore de combustibles nocifs et polluants comme le charbon de bois et le bois.
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Elle servira notamment à lancer l’initiative « Clean Cooking Accelerator », à expérimenter au Kenya une unité dédiée à la cuisson propre, qui constituera un modèle pour le déploiement d’actions similaires dans d’autres pays.
« Notre investissement dans Mission 300 reflète notre engagement en faveur de la meilleure manière de promouvoir le bienêtre humain au 21ᵉ siècle : placer les pays aux commandes, tirer parti des technologies de pointe et se concentrer sans relâche sur des objectifs réalisables et mesurables. Nous sommes impatients de travailler avec nos partenaires pour poursuivre l’élan extraordinaire derrière Mission 300 et connecter encore plus de personnes en Afrique […] », a affirmé Rajiv J. Shah, président de la Fondation Rockefeller.
Ce nouvel engagement financier vient étoffer un peu plus un écosystème plus large de partenaires mobilisés autour de cette initiative. En mars 2026, la Banque européenne d’investissement (BEI) annonçait une enveloppe de plus d’un milliard d’euros pour soutenir des projets d’énergies renouvelables et de réseaux en Afrique subsaharienne. Ces financements doivent être déployés via EIB Global, la branche de la banque, dédiée au financement du développement, et cibler des centrales hydroélectriques, des projets solaires et éoliens, ainsi que des infrastructures de transport et de distribution d’électricité.
En marge des Market Days 2025 de l’Africa Investment Forum, qui se sont tenus du 26 au 28 novembre 2025, à Rabat au Maroc, d’autres engagements avaient été pris lors de la première « Journée Mission 300 ». L’événement a réuni, entre autres, gouvernements africains, institutions financières de développement, pour faire le point sur les réformes réglementaires et accélérer le dialogue avec les investisseurs privés.
Au total, depuis avril 2024, la Fondation Rockefeller rapporte que grâce à la « Mission 300 » environ 44 millions de personnes à travers l’Afrique ont été raccordées à l’électricité, avec un pipeline de plusieurs dizaines de millions de bénéficiaires supplémentaires d’ici fin 2026. Les récents soutiens, s’ils vont dans le bon sens, restent encore limités face aux besoins pour déployer pleinement l’initiative sur le terrain.
Concrètement, la moitié des 300 millions de personnes ciblées d’ici 2030 devrait être desservie grâce au développement de solutions d’énergie renouvelable décentralisées — notamment les mini-réseaux et les systèmes solaires autonomes — tandis que l’autre moitié dépendra de l’extension des réseaux électriques classiques.
S’agissant des mini-réseaux, les entreprises du secteur, dont Husk Power Systems, estimaient en janvier dernier qu’il faudrait 46 milliards de dollars (environ 40 milliards d'euros) d’ici 2030 pour permettre à ces systèmes de jouer pleinement leur rôle dans l’initiative, dont plus de 60% sous forme de financements par la dette et 10% via des subventions et soutiens publics.
Si ce montant semble important, il reste toutefois encore inférieur aux estimations initiales de 2023 de la Banque mondiale. Celle-ci estimait alors qu’il faudrait mobiliser au total 91 milliards de dollars (78,7 milliards d'euros) pour permettre à 380 millions d’Africains d’accéder à l’électricité d’ici 2030, grâce au déploiement d’environ 160 000 installations.
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Source : La Tribune

